En décembre 1966,
Jean-Max Causse (Sup de Co) et Jean Marie Rodon (Sciences Po), tous deux jeunes cadres dans une société d'assurances et passionnés de cinéma, s'associent pour racheter rue Buffault, à côté de la rue La Fayette et à proximité de leur compagnie, une salle tombée en désuétude, le La Fayette.

Jean-Marie Rodon (à gauche)
et Jean-Max Causse (à droite)
travaillent ensemble
dans la bonne humeur.
Ils donnent à cette salle le nom de STUDIO ACTION et décident d'y programmer des rétrospectives d'auteurs américains. Le succès ne se fait pas attendre car le stock de films disponibles dans les Major Companies est très important.
Devant le La Fayette,
le jour on se bouscule.
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Et le soir la file d'attente
ne désemplit pas.
Mais les Major vont se regrouper et en profiter pour détruire les quatre cinquièmes des copies qui encombrent leurs rayons de stockage. Ce phénoméne de concentration, dicté par la seule loi d'un profit maximum, n'allait plus s'arrêter.

Nous étions en 1970
et cela aurait du marquer la fin d'une belle aventure. Mais à cette première offensive, comme à toutes celles qui jalonneront leur épopée, Causse et Rodon sauront trouver une réponse originale à même d'assurer la survie des ACTION. Les copies sont détruites ; ils proposent à certains distributeurs d'en tirer des neuves à leurs frais. En contrepartie ils disposent des films en exclusivité pour leurs salles. Le public Art et Essai a tendance à se déplacer sur la rive Gauche, leurs premières salles mal situées (ACTION LAFAYETTE et ACTION RÉPUBLIQUE) sont en difficultées ; ils empruntent plus que de raison pour acquérir deux salles près de l'Odéon, ce seront les ACTION CHRISTINE.

Sterling Hayden,
avec la barbe, rend visite
aux Action.
Deux salles se créent rue des é‰coles (5e) ; ils proposent à leur propriétaire de les programmer, ce seront les ACTION ÉCOLES. La concentration devient de plus en plus agressive et les privent de l'accès aux films ; ils créent leur propre société de distribution sous l'enseigne ACTION GITANE et constituent au fil des années un catalogue important.
Une salle proche de la fermeture mais disposant d'une infrastructure de rêve est à vendre ; ils empruntent à nouveau pour l'acheter et réaliser des travaux importants ; ils créent ainsi deux salles de grand standing, les GRAND ACTION.

Pour ses spectateurs
- Aujourd'hui, nos spectateurs disent couramment : Je vais aux ACTION... mais notre première salle, ex Cinéma Lafayette, ouvrait le 4 décembre 1966 sous l'enseigne STUDIO ACTION.
- Au cours de ces premières années, nous avons tout appris ; et quel bonheur d'avoir pu faire partager très vite notre enthousisasme à des spectateurs de plus en plus nombreux, de plus en plus concernés.
- Cinéphiles avertis ou amateurs de cinéma anonymes, critiques, cinéastes, acteurs confirmés ou en herbe animaient quotidiennement les files d'attente et le soir, après la dernière séance, les discussions se poursuivaient tard dans la nuit au troquet du coin, et parfois jusqu'au petit matin au coin de la rue. Débats spontanés, rencontres surprises, tout était prétexte pour s'exprimer, pour dialoguer, pour participer. Au STUDIO ACTION tout était permis, tout était possible.

Jean-Marie Rodon.
à l'époque, tout était permis, tout était possible !
- Mai 68 se profilait à l'horizon et c'est tout naturellement que le Comité de Défense de la Cinémathèque Française tenait ses premières réunions; Henri LANGLOIS, notre maitre à tous venait d'être débarqué de sa cinémathèque par André MALRAUX.
- Né dans l'indifférence des professionnels, le STUDIO ACTION n'a existé que par, et pour ses spectateurs, dont la fidélité n'allait pas se démentir au fil des années et permettre aux ACTION de relever tous les défis.

Pour tout savoir sur les salles

Un grand merci pour vos réponses, plus qu'encourageantes, et bienvenues.















































































































































