L'ÎLE AU TRÉSOR

L'ÎLE AU TRÉSOR affiche

→ sortie 26 octobre 2011
au Desperado

Treasure Island
de Victor Fleming

105 mn - N&B - USA - 1934 - VOSTF

avec Wallace Beery, Lionel Barrymore,
Jackie Cooper, Lewis Stone

Scénario : John Lee Mahin
d’après le roman Robert Louis Stevenson
Directeur de la photo : Ray June, Clyde de Vinna,
Harold Rosson
Montage : Blanche Sewell
Musique : Herbert Stohart

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synopsis

En 1765, le jeune Hawkins dont la mère tient la taverne à l'enseigne de " l' Amiral Benbow ", s'est pris d'amitié pour un vieux capitaine ivrogne, Billy Bones qui, à sa mort, lui lègue une carte donnant l'emplacement du trésor du pirate Flint. Accompagné de Trelawney, le châtelain du pays, du docteur Livesey et du capitaine Smollett, Jim s'embarque à bord de " l'Hispaniola " à la recherche de l'île mentionnée sur la carte. Trelawney engage pour l'aventure un curieux cuisinier à la jambe de bois, Long John Silver...

le film

L’Île au trésor est la troisème adaptation américaine du classique de Stevenson, après celles de John Searle Dawley (1912), de Chester M. et Sidney Franklin (1918) et de Maurice Tourneur (1920). D’autres versions suivront, parmi lesquelles la version produite par Disney et réalisée par Byron Haskin en 1950 et celle de John Hough en 1972 (avec Orson Welles dans le rôle de Long John Silver). De l’avis général des historiens et des critiques, la version de Victor Fleming reste la meilleure de toutes. C’est en tout cas la plus fidèle à la trame et à l’esprit du roman. Tout le savoir-faire de la MGM est ici au service d’un spectacle qui repose davantage sur les atmosphères que sur l’action. La direction artistique restitue au mieux l’univers de Stevenson, les ambiances sombres et pittoresques des auberges peuplées de pirates patibulaires (dans la première partie), le souffle de l’aventure en mer (dans la deuxième partie) puis l’exotisme inquiètant de l’île (dans la troisième partie). L’autre grande qualité du film est son interprétation : le couple formé par Wallace Berry et Jackie Copper (l’un et l’autre avaient déjà été réunis pour Le Champion de King Vidor et Les Faubourgs de New York de Raoul Walsh) dispense de grands moments de drôlerie et d’émotion, et tous les seconds rôles sont remarqueblement campés par des acteurs à la fois truculents et crédibles. Réalisé en 1934, L’Île au trésor conserve une qualité photogénique proche du cinéma muet, dans lequel Victor Fleming a fait ses armes comme opérateur et a oeuvré la moitié de sa carrière (son premier film date de 1920, son dernier de 1948). Homme de studio avant tout, réputé par son professionnalisme et ses compétences techniques (ce n’est pas pour rien qu’on fit appel à lui, la même année, pour reprendre les rênes de tournages aussi lourds que ceux du Magicien d’Oz et de Autant en emporte le vent), on peut déceler chez lui une sensibilité particulière au monde de l’enfance, capable de stimuler son esthétique classique. L’Île au trésor forme, avec Capitaines courageux (d’après Kipling) et Le Magicien d’Oz, une sorte de trilogie, littéraire et d’aventure, dans laquelle le cinéaste a peut-être livré la part la plus personnelle de son cinéma. Une curieuse coïncidence, en tout cas, invite à le croire : L’Île au trésor a été publié en 1883, année de sa naissance.

l'auteur

Après des études secondaires à Los Angeles, Victor Fleming entre dans l'industrie cinématographique en gravissant patiemment les échelons. Opérateur, puis directeur de la photographie en 1915 pour Griffith, il fait alors la connaissance de Douglas Fairbanks qui l'aide à passer à la réalisation. Lieutenant durant la Première Guerre mondiale, il sera reporter de guerre en 1918 et il filmera pour l'armée le voyage du président Wilson en Europe. De retour en Amérique, il réalise ses deux premiers films Cauchemars et superstitions et Une Poule mouillée à Hollywood en 1920 grâce au soutien de Fairbanks. En 1938, il est choisi par David O. Selznick pour succéder à George Cukor et Sam Wood à la mise en scène de la célébrissime adaptation du roman de Margaret Mitchell : Autant en emporte le vent. Ce film lui vaudra un Oscar en 1940. Il réalise également dans la foulée pour la M.G.M. Le Magicien d'Oz avec Judy Garland. En 1941, il signe une adaptation mémorable et audacieuse de Docteur Jekyll et Mister Hyde de Stevenson. Interprété par Spencer Tracy, le film, très influencé par l'expressionnisme, ose faire certaines allusions érotiques en pleine censure due au code Hays. Son dernier film est Jeanne d'Arc (Joan of Arc) avec Ingrid Bergman.