SO THIS IS PARIS
→ sortie 16 décembre
So this is Paris
de Ernst Lubitsch
80 mn - N&B - USA - 1926 - Muet
avec Monte BLUE, Patsy RUTH MILLER,
André BÉRANGER, Max BARWIN

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synopsis
À Paris, Maurice et Georgette Lallé répètent un sketch style « Mille et une nuits ». De l’autre côté de la rue, Suzanne Giraud est tout émoustillée par le violence du « Cheikh » qu’elle a aperçu par le fenêtre. Paul Giraud, son médecin de mari, traverse la rue pour aller donner une leçon au « barbare ». Tombant sur Georgette, il reconnaît en elle une de ses ex-maîtresses. Commence alors une ébouriffante valse de mensonges, de quiproquos et d’épreuves pour les deux couples...
le film
Lubitsch est toujours à l’aise dans le vaudeville. Ce genre constitue en effet la contrepartie comique de l’opérette viennoise,
de sorte que passant de l’un à l’autre, il est amené à traiter les mêmes thèmes. Il s’agit ici, une fois de plus, d’un cas classique
de tromperie, accompagné des quiproquos et méprises habituels. En soi, chaque saynète est assez anodine mais l’ensemble
dévoile une charge comique latente que seul Lubitsch, par les ressources de la caméra, sait faire exploser. C’est ainsi une
utilisation diabolique de l’espace scénique qui fait de ce vaudeville un grand film. Chaque scène fait jouer ici l’espace, non
dans un but décoratif, mais à seule fin de faire progresser l’intrigue. On peut transformer une pièce en film en suivant les
acteurs pas à pas, en collant à eux pour surprendre leurs moindres réactions, mais on peut aussi (ce qui est plus difficile)
prendre du champ par rapport à eux, les laisser en liberté, et dévoiler leur comportement comme à leur insu. C’est le parti
adopté par Lubitsch, dont il tire des effets comiques irrésistibles.
Jean DOMARCHI
C’est le film le plus drôle de toute la période américaine muette de Lubitsch. Il peut sembler dommage que, plus que dans
ses films précédents, une grande partie de la narration et même de la progression dramatique repose sur les intertitres ; en
réalité, la mise en scène, ainsi libérée des contraintes du récit, se concentre sur l’impact de l’image. Le motif de la symétrie
est développé en d’infinies variations : deux couples interchangeables, deux maisons de part et d’autre d’une même rue, et
Lubitsch surpasse encore la virtuosité de ses films précédents. Le goût du quiproquo y est poussé jusqu’à l’hystérie, culminant
dans l’éblouissante séquence du bal, avec son charme endiablé et l’accélération du montage qui traduit la griserie du
héros. Tout le film est du même acabit : un doux délire qu’on aimerait voir durer éternellement.
(N. T. BINH, Christian VIVIANI)





