LA VILLE ABANDONNÉE

LA VILLE ABANDONNÉE affiche

Yellow sky
de William Wellman

98 mn - N&B - USA - 1948 - vostf

avec Robert Arthur, John Russell,
Henry Morgan, James Barton,
Charles Kemper

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synopsis

Dans une bourgade du Nevada, une bande de malfaiteurs, agissant avec calme et sang-froid, se fait ouvrir le coffre d’une banque. Puis, pour échapper au peloton de la cavalerie américaine qui les poursuit, ils s’engagent sur un désert de sel. C’est un pari dangereux, mais après une marche épuisante, ils parviennent à traverser ce lieu inhospitalier pour atteindre une petite ville qui se révèle abandonnée. Toutefois ils découvrent qu’un vieux mineur et sa petite fille y survivent. La présence de cette jeune femme, le soupçon d’un magot caché par le vieil homme, vont semer la discorde et déclencher un affrontement au sein du groupe de bandits...

le film

“...Yellow Sky est probablement le western le plus âpre et le plus rude vu jusqu’ici ; on sent un net changement de ton en regard de tout ce qui s’était fait auparavant... Lamar Trotti est un homme pétri d’humanité, mais dont le travail ne sombre jamais (ou rarement) dans le sentimentalisme ; ici, en association avec le non moins talentueux W.R. Burnett (auteur du roman), il signe un script noir, resserré et d’une grande intensité auquel la Writers Guild of America décerna le prix du meilleur scénario de western l’année de sa sortie. Il y avait de quoi ; rarement nous n’avions ressenti une tension aussi constante à la vue d’un western. L’intrigue a le mérite d’être écrite à la perfection (avec des dialogues restreints mais finement ciselés) ; les rebondissements ne prennent jamais le pas sur la riche description de tous les personnages, l’évolution de chacun s’avérant plus complexe qu’attendue et du coup passionnante, et les affrontements psychologiques se révélant aussi puissants que les heurts physiques...Concernant la forme, on relève une mise en scène dépouillée mais fortement stylisée, rigoureuse et d’une grande maîtrise, un noir et blanc dur et vivement contrasté aux noirs charbonneux comme jamais photographié par un Joe MacDonald en pleine possession de ses moyens... Les deux acteurs principaux rivalisent de talent ; rarement avions-nous pu voir Gregory Peck tenir un rôle aussi rêche et avec un charisme qu’on ne lui connaissait pas encore...Quant au teigneux et ricanant Richard Widmark... il confirme et s’impose ici de la plus belle des manières : sa façon de tenir sa cigarette, son regard malsain, sa malice et son rire sardonique sont absolument inimitables...Et ceux qui auraient en tête le cliché de la femme soumise dans le western américain seront agréablement surpris par le personnage interprété par Anne Baxter ; non seulement elle est divinement photographiée (rarement elle aura été si belle malgré des tenues vestimentaires à la garçonne), mais son interprétation est remarquable...La Ville abandonnée réussit à être un sommet du genre, un western brut mais très soigné, violent et dépouillé, mais sacrément prenant et qui pourrait très bien plaire au plus grand nombre et non seulement aux aficionados...”
Erick Maurel (Dvd Classik)