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Programme du jeudi 27 mars 2008
Salle 1
14:00 UN MASSACRE ANNONCÉ
Nick Higgins, Ecosse, 58 mn
Le 22 décembre 1997, 45 habitants du village d'Acteal, (Mexique) assistaient à une messe lorsqu'ils furent massacrés par une milice paramilitaire. Nombre d'entre eux appartenaient à un mouvement pacifiste proche des Zapatistes (Les Abeilles). L'enquête sur ce massacre s'enlisa mystérieusement très vite.
Le réalisateur Nick Higgins a décidé de mener sa propre enquête sur ces événements.
Rencontre avec le réalisateur écossais Nick Higgins.
16.00 PAYSANS SANS TERRE
Julien Farrugia, France, 2007, 52 mn
Au Brésil, d’immenses superficies de terres fertiles sont délaissées par leur propriétaire. En effet, grand comme 15 fois la France, le Brésil détient un des plus important taux d'inégalités foncières : 1% des propriétaires (50 000 personnes) détient 45 % des terres tandis que 5 millions de familles (soit 25 millions de personnes) n'en possèdent aucune.
Face à cette situation absurde qui laisse des millions de personnes souffrir de la faim, des paysans du Mouvement des Travailleurs Sans Terre occupent ces terres afin de les cultiver. Malgré le danger de la répression des propriétaires et de leurs tueurs à gages, souvent aidés de la police locale, ils occupent la propriété et exigent du gouvernement qu’il exproprie les propriétaires de ces terres non cultivées. Viennent alors plusieurs années d’attente difficile, de campement provisoire sous des baraques de bâche, jusqu’à ce qu’ils obtiennent la terre. Mais la bataille est loin d’être terminée car il faut maintenant que les paysans s’organisent pour cultiver la terre de manière efficace et collective. On s’aperçoit très vite que la terre n’est plus qu’une question secondaire car il faut aussi se préoccuper de l’éducation, du respect de l’environnement et de la santé. Par leur action, leur courage et leur vision résolument moderne d’une vraie démocratie, les paysans sans terre font avancer toute la société brésilienne.
Rencontre avec le réalisateur Julien Farrugia (Fr)
18.00 KM.207 AU BORD DE LA ROUTE
Guillaume Lassalle, France-Guatemala, 2007, 43 mn
Le cas Héctor Reyes est l'un des nombreux exemples de disparition forcée au Guatemala. Le 5 septembre 2003, ce paysan est séquestré par son patron. Cet épisode vient s’ajouter à la longue liste des disparitions politiques perpétrées au Guatemala. Sa disparition intervient en temps de paix , après 36 ans de guerre civile dans un pays fraîchement respectueux des droits de l'Homme.
Km.207, retrace l’histoire de la lutte du groupe Nueva Linda et de la famille d’Hector dans leur quête de justice. Il révèle aussi la gestion clientéliste de cette affaire par le gouvernement du président et grand propriétaire terrien, Oscar Berger. Km.207 est un film sur un collectif décidé à se battre pacifiquement pour que justice soit faîte. À travers ce documentaire, il lance un appel à la solidarité de la communauté internationale afin qu’elle fasse pression sur le cours de cette affaire.
Débat animé par le Collectif Guatemala.
20.30 DES MONSTRES QUI DORMENT
Markus CM Schmidt, Jan Bernotat, Allemagne, 2007, 92 mn
Est-il possible de résoudre un conflit armé d'une manière pacifique? De quelle manière procède un officier civil de désarmement des Nations Unies pour convaincre des milices à déposer leurs armes ?
La guerre du Congo a commencé avec le génocide au Rwanda : non seulement les meurtriers se sauvèrent au Congo, mais aussi l'armée Hutu du gouvernement déchu et des milliers de civils suivirent, de peur d'être poursuivis par la vengeance collective. Voilà plus d'une décennie que les Congolais souffrent de la présence des Hutus armés.
Eric Besner, officier de désarmenent des Nations Unies, est envoyé pour convaincre les milices Hutu-rwandaises de déposer les armes et de retourner dans leur pays natal pour reprendre une vie civile. Une entreprise presque impossible, puisque les Hutus craignent une vengeance des Tutsis une fois arrivés au Rwanda. Mais peut-on accuser tout les réfugiés Hutu-rwandais d'être des génocidaires?
Avec le témoignage d'Eric Besner, ancien chef de mission de la MONUC en RDC.
Salle 2
14:15 RESF : UN RÉSEAU DE RÉSISTANCES
Agathe Dreyfus, Christine Gabory et Ivora Cusack, France, 2007, 74 min
Série de cinq films documentaires d'actualités réalisés en 2006/2007 autour du RESF 13 (Réseau Éducation Sans Frontières, Bouches-du-Rhône). Créé en 2004, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) se bat principalement pour la régularisation des familles sans papiers d’enfants scolarisés. Le réseau est particulièrement actif depuis juin 2006, date de la publication de la circulaire de Nicolas Sarkozy sur la régularisation des familles sans papiers. Les cinq films qui composent la série RESF: des réseaux de résistance ont été réalisés à Marseille de novembre 2006 à avril 2007, période pendant laquelle le collectif a suivi des militants sur différentes actions ou initiatives: mobilisations anti-expulsions, parrainages…. Ces films d’actualités, entre documentaire et reportage, s’inscrivent dans une envie plus large de rendre compte d’évènements ou de phénomènes peu ou sommairement relayés par les médias dominants.
Rencontre avec les membres du collectif de réalisation 360° .
16:15 L'ASSIETTE SALE
Denys Piningre, France et Maroc, 2007, 80 minutes
Chaque année, le département des Bouches-du-Rhône accueille 5000 ouvriers agricoles saisonniers étrangers. Sans eux, l’agriculture dans ce département n’existerait pas. Les conditions de travail, de logement et les salaires qui leur sont imposés sont, dans de très nombreux cas, indignes. Il suffit de rappeler qu’aucun droit à l’ancienneté ne leur est accordé, quand certains viennent en France depuis 30 ans, que leur couverture sociale s’arrête à nos frontières alors que certains traitements chimiques dans les plantations provoquent des maladies «à retardement», cancers ou Parkinson… et la liste est encore longue.
Le film décrit cette situation et remonte les mécanismes qui l’engendrent. Au passage, il fustige l’agriculture intensive, ses excès et les dangers qu’elle suscite, pour aboutir à la description des méthodes de la grande distribution. La quasi-totalité du marché des fruits et légumes est concentrée entre les mains de six centrales d’achat, qui disposent ainsi de tous les moyens de pression sur les producteurs français et étrangers pour obtenir des prix toujours plus bas, et s'allouer des marges toujours plus élevées… Devons nous subir sans rien dire et accepter qu’à nos portes se pratique une forme moderne de servage? Et nous rendre malades à force d’ingurgiter les résidus de fongicides, pesticides, engrais chimiques, tandis que la terre se gorge de ces produits qui se retrouvent ensuite dans la nappe phréatique? Est-ce une fatalité?
Le film montre qu’au contraire, d’autres formes d’agriculture existent, qu’elles permettent la pérennisation d’exploitations viables, à taille humaine, et souvent un mode de relation directe entre le producteur et le consommateur. Opter pour une autre forme de consommation, refuser de manger des tomates «hors-sol» en hiver, et retrouver le goût des produits naturels, fruits et légumes de saison cueillis mûs et distribués immédiatement, c’est à la fois garantir une vie plus saine à nos enfants et manifester son désaccord vis-à-vis des catastrophes engendrées par le libre-échange qui ne profite qu’à une poignée de privilégiés et empoisonne le reste du monde.
Rencontre avec le réalisateur Denys Piningre (Fr) en compagnie de Christian Vélot, CNRS, spécialiste des OGM.
18:00 PAROLES DE MARINS
Jocelyne Mallet, France, 2007, 56 mn
Ces huit marins hommes et femmes, qui témoignent de leur expérience de la navigation, que nous disent-ils? Ces gens du métier racontent dans un langage non dépourvu de naturel, leur rythme de travail très spécifique, la mer et les navires. Ainsi que les différences qu’ils ont rencontrées, selon les pavillons des navires, sur lesquels chacun a embarqué. Car un pavillon signifie une législation, donc des règles et des droits. Outre un métier, modifier ces droits remet aussi en question tout notre environnement. L’évolution de la marine marchande vers des législations complaisantes nous amène à prendre conscience de la valeur de la réglementation sociale française définie par le Code du Travail. Ce Code du Travail, véritable colonne vertébrale de notre cadre social, qu’il soit maritime ou général et si imparfait soit-il, existe encore. Mais pour combien de temps? Ce documentaire n’est pas une information de plus: ces points de vue nourris d’expériences fortes invitent à clarifier notre rôle, notre responsabilité, la cohérence entre nos actes et nos aspirations, axes fondamentaux sans lesquels il ne peut y avoir de changements concrets.
Débat avec la réalisatrice Jocelyne Mallet.
20: 45 MA FILLE LA TERRORISTE
Beate Arnestad, Norvège, 2007, 60 mn
Ce film documentaire dresse pour la première fois le portrait de deux jeunes militantes de 24 ans, entrainées au sein de l’organisation des «Tigres noirs tamouls» (LTTE Black Tiger), l'un des groupes terroristes considérés comme les plus dangereux au monde..
Elles sont catholiques et partagent les rêves et les espoirs des jeunes filles de leur âge mais ce sont déjà des vétérantes ayant participé à plusieurs opérations commando. Dans ce film, elles évoquent la préparation rigide et méticuleuse de leur mission kamikaze. Suite à la perte de plusieurs membres de leur famille dans les raids aériens de l'armée gouvernementale, elles se sont engagées depuis leur plus jeune âge dans la guérilla. Leur arme ultime pour combattre un ennemi trop puissant : l'attentat suicide. Elles ne font pas cela pour accéder au Paradis. C'est avant tout, selon elles, un sacrifice nécessaire, pour les générations futures et qui les élevera au rang de martyr au sein des leurs.
Rencontre avec la réalisatrice norvégienne Beate Arnestad.
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